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Ultimas Conversas

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Une soirée d’ouverture en mouvement

Un hommage au réalisateur brésilien Eduardo Coutinho (1933-2014) et des discours sur la crise économique et politique au Brésil ont donné le ton de la soirée d’ouverture du festival en Brésil Mouvements le 12 octobre.

Le public, arrivé à 19h pour déguster des produits brésiliens, connaître le travail de l’artiste Kátia Fiera, et assister au dernier documentaire de Coutinho, « Dernières conversations », a rapidement rempli la grande salle du cinéma La Clef et s’est laissé porter par ce petit bijou d’humanité.

Le festival se poursuit jusqu’au 16 octobre avec la présence de réalisateurs et des autres intervenants pour des débats après les projections des films.

Consultez le programme complet ici.

Ouverture BEM 2016

Soirée d’ouverture BEM 2016

 

 

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Ultimas conversas [Dernières conversations]

de Eduardo Coutinho

Brésil | 2015 | 85’| VOSTF

Extrait scène du film "Últimas Conversas"

Réalisé par Eduardo Coutinho, décédé en février 2014 et qui fut à l’avant-garde du documentaire brésilien des années 1960 à 1990, et terminé par João Moreira Salles, figure du documentaire brésilien contemporain, Últimas conversas est un petit bijou d’humanité qui aborde avec de jeunes Brésiliens des thèmes aussi variés que la famille, l’amour, la religion, l’identité, la discrimination, le harcèlement, le tout dans une extrême simplicité scénographique.

Mercredi 12 octobre à 20h

Projection suivie d’une rencontre avec Anna Glogowski, conseillère de Programmes Documentaires à France 3 et spécialiste du cinéma brésilien.

Eduardo Coutinho, un maître du documentaire engagé

Eduardo Coutinho est né en mai 1933 à São Paulo. A 19 ans, il s’inscrit à la faculté de droit sans jamais terminer sa formation. Son premier contact avec l’industrie du cinéma date de 1954 alors qu’il  travaille comme correcteur et copie éditeur pour le magazine Vision, un poste qu’il occupera jusqu’a 1957. Cette année là, il gagne un concours télévisé en répondant à une question sur Charlie Chaplin, lui permettant de déménager à Paris.

Formé à la réalisation et au montage à l’IDHEC en France, il commence sa carrière comme producteur du long-métrage « Cinco vezes favelas », pour le Centro popular de cultura (CPC), un groupe intellectuel de gauche de Rio. Il dirige le projet du CPC, « Cabra marcada para morrer », une fiction basée sur des faits réels, l’assassinat du leader des Ligas camponesas, et tournée avec la veuve de celui-ci, Elizabeth Teixeira. Mais le tournage est interrompu par le coup d’État de 1964.

Il intègre alors la nouvelle vague du « Cinema Novo », un mouvement cinématographique brésilien, dont ont fait partie plusieurs réalisateurs brésilien des années 1950 et 1960, d’abord influencé par le néoréalisme italien puis par la Nouvelle Vague française.

Dans les années 1960, Coutinho fonde avec Leon Hirszman et Marcos Faria, la maison de production « Saga Films » au sein de laquelle il sera scénariste et dirigera de nombreux longs métrages. Au début des années 1970, Coutinho  retourne vers le journalisme pour gagner sa vie et devient examinateur et critique de cinéma pour le « Jornal do Brasil ». Parallèlement, il reste dans l’industrie du film, réalise une adaptation de Shakespeare et écrit des scripts destinés à la production nationale.

En 1975, Coutinho rejoint l’équipe de Globo Reporter, de la TV Globo. En 1981, Coutinho redécouvre le négatif de « Cabra Marcado para Morrer », qui avait été caché à la police par un membre de l’équipe de tournage, et décide de reprendre le projet. En 1984 il finalise et sort ce film  avec lequel il gagne 12 prix dans des festivals internationaux, tels que le prix de la critique internationale du Festival du Film de Berlin et le meilleur film au Festival du Réel à Paris.

Après le succès de « Cabra Marcado para Morrer”, Coutinho démissionne de Globo pour se consacrer exclusivement au cinéma. Dans un contexte difficile en termes de financements pour l’industrie du cinéma, Coutinho réalise des courts et moyens métrages sans beaucoup d’impact.

Coutinho réalise « Santo Forte » en 1999, marquant un nouveau tournant dans sa carrière. Il commence alors à travailler avec des collaborateurs réguliers et réussi à maintenir une production constante de film grâce à son partenaire, le documentariste João Moreira Salles, avec qui il développe de solides liens d’amitié. Moreira Salles aide notamment Coutinho sur sept projets de documentaires, réalisés entre 2000 et 2011.

Au cours de ces onze ans, Coutinho gagne trois prix au Festival de Gramado, l’un pour « Santo Forte », l’autre pour« Edifício Master », et un grand prix pour l’ensemble de ses films. Au Festival de Brasilia, il remporte également à deux reprises un prix, une année pour le film « Santo Forte » et l’autre pour « Peões », lui permettant de gagner la reconnaissance des critiques le considérant comme le plus grand réalisateur de documentaires brésilien. En 2013, pour son 80e anniversaire, l’œuvre de Coutinho était à l’honneur lors du Festival littéraire international de Paraty et du Festival international du film de São Paulo.

Coutinho meurt en février 2014. Son dernier film, « Dernières conversations », terminé par João Moreira Salles en 2015 ouvrira la 12e édition du festival Brésil en Mouvements le 12 octobre 2016.

Voici le programme complet du festival.

Le réalisateur Eduardo Coutinho. Photo : Guillermo Giansanti

Le réalisateur Eduardo Coutinho. Photo : Guillermo Giansanti